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22 Mars 2013
L’éditorial d’André Chassaigne
Président du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) et porte-parole des député-e-s du Front de Gauche
Le mois dernier fut riche en batailles politiques pour les députés du Front de gauche.
La première d’entre elles fut livrée contre la financiarisation de l’économie. A l’occasion du projet de loi sur la séparation bancaire, nous avons ainsi affirmé notre volonté d’un meilleur contrôle et d’un meilleur encadrement. A l’instar du prix Nobel Joseph Stiglitz, nous avons ainsi préconisé une séparation claire et effective entre banques de dépôt et banques d’affaire, afin de mettre fin aux conflits d’intérêts qui existent entre ces différentes activités. En dépit de son intitulé, ce projet de loi s’est contenté d’aménagements marginaux. Les députés du Front de gauche se sont abstenus dans l’espoir que ce texte prenne, au cours de la navette parlementaire, la tournure d’une vraie et grande réforme et rende possible une nouvelle architecture du financement de l’économie ainsi qu’uneréorientation de la politique monétaire.
C’est cette même volonté de s’attaquer aux folles dérives des forces de l’argent qui nous a amené à interroger le gouvernement sur les mesures qu’il envisageait pour lutter contre la fraude et les paradis fiscaux, imposer la transparence et faire avancer l’harmonisation fiscale en Europe.
Paradoxalement, le monde de la finance, qui est le premier responsable de la crise, affiche une santé florissante tandis que nos concitoyens paient la facture. C’est ce même souci de défendre le travail contre le capital qui nous à conduit à dénoncer l’accord interprofessionnel, abusivement dit de sécurisation de l’emploi, adopté lors de la conférence sociale du mois de juillet 2012.
Nous avons ainsi interpellé le Gouvernement sur le projet de loi de transposition de cet accord minoritaire. Ce texte, qui sera discuté en avril, sera la prochaine grosse bataille menée par notre groupe car derrière la façade d’une prétendue avancée de la « démocratie sociale » se cache un passage en force du MEDEF. Il n’octroie en réalité aucun droit nouveau aux salariés. Il réduit même ceux existants en entérinant une large liberté de licenciement.
Par ailleurs, les députés du Front de gauche ont demandé et obtenu l’organisation d’un débat sur le fonctionnement des juridictions prud’homales qui a mis en évidence la double peine que doivent subir des milliers de salariés face à l’allongement scandaleux des procédures. Ils ont ainsi une fois de plus placé la justice sociale au coeur de leur action.
André Chassaigne,
Député du Puy-de-Dôme