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Blog des communistes de Garges

10, rue Duvivier - 95140 Garges-lès-Gonesse - Tél. 01 39 86 58 27 - e-mail : pcfgarges@orange.fr Facebook pcfgarges@orange.fr

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Très belle plaidoirie de Marie-George Buffet pour la défense du Projet pour le Mariage pour tous et pour mettre fin aux discriminations...

Publié sur FaceBook, ce jour à 13h00 par Marie-George Buffet :

"Dès le 29 au soir, j'affirmais ma volonter de franchir une étape, très importante, dans l’égalité d’accès pour toutes et tous aux droits garantis par notre République. Je disais:"Examiner ce projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe témoigne de la capacité de notre assemblée de se saisir d’aspirations nouvelles dans la société et, de leur donner légitimité par la loi.

Ce projet de loi touche au choix personnel de chaque individu, il donne à voir aussi d’une réalité sociale, la société gagnera en humanité en les reconnaissant.

Notre assemblée s’honorera de mener le débat contradictoire dans le respect et l’écoute de chacun. J’espère qu’elle donnera à voir de sa volonté d’accompagner les avancées nécessaires à une société ouverte et donc apaisée. Elle a su le faire pour l’abolition de la peine de mort avec la loi Badinter, comme pour les droits des femmes avec la loi Weil.

Que nous dit ce projet de loi ?

Il nous dit que le mariage est un droit, le droit à un projet de vie partagé entre deux êtres humains, à un engagement basé sur l’amour et le respect de l’autre.

Il nous dit qu’il n’est pas acceptable que des hommes et des femmes soient écartés de ce droit car ils vivent ce projet, cet engagement entre personnes de même sexe.

Il a donc pour objectif de mettre fin à une discrimination. Une discrimination qui s’appuie sur un ordre, la domination patriarcale et un code aujourd’hui dépassé.

Un code réduisant le mariage à un modèle familial unique où l'amour et la sexualité sont liés à la procréation.

Aujourd’hui, les femmes disposent de leurs corps et maitrisent leur fécondité. La liberté sexuelle est reconnue, elle se conjugue avec l’exigence de la non marchandisation du corps. Une exigence de non marchandisation du corps qui est synonyme du refus de la gestation pour autrui. Une exigence de non marchandisation du corps qui appelle aussi l’abolition de la prostitution.

Cher-es collègues, la famille se construit sous différents visages, famille monoparentale, famille recomposée, couples homosexuels. L’amour, le projet de vie commun se sont libérés d’un modèle unique et c’est bien. Car en finissant avec l’hypocrisie, bien des frustrations, bien des souffrances sont levées.

En ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, ce projet de loi fait tout simplement rentrer la réalité dans le code civil. Il faut vraiment avoir de très vieilles lunettes pour ne pas le voir.

J’ai parlé du droit au mariage pour les personnes du même sexe, parlons de leur droit à fonder une famille.

Le projet de loi ouvre le droit à l’adoption pour tous les couples et traite de la filiation. Contrairement à ce qui est parfois dit, il ne s’agit pas d’un « droit à l’enfant » mais, au contraire, d’ouvrir les mêmes droits à tous les enfants, quel que soit le foyer au sein duquel ils vivent.

Les nombreuses études, effectuées dans des pays où ces droits sont ouverts depuis de nombreuses années, sur le vécu des enfants de couples de même sexe indiquent que ces enfants ne sont ni plus ni moins heureux, ni plus ni moins équilibrés que des enfants de couples hétérosexuels. Car, ce qui importe le plus pour les enfants, c’est bien l’amour qui les entoure, la démarche éducative assurée, comme la protection accordée par leurs parents !

Permettez-moi de penser que tout cela ne dépend pas de l’identité sexuelle de leurs parents.

Permettre l’adoption pour les couples homosexuels appelle que la France agisse au plan international contre l’homophobie d’Etat et pose ce problème et celui de l’adoption dans la signature des conventions bilatérales.

Ce projet de loi est une avancée pour les droits des enfants, il s’agit de lever toute instabilité pour leur avenir en leur permettant d’avoir des parents dont la responsabilité est reconnue à part entière. Car, si ces enfants souffrent parfois du regard extérieur, n’est-ce pas justement parce que la loi ne leur permet pas de vivre à égalité avec les autres enfants. Ils ont besoin d’avoir des parents de plein droit pour être des « enfants de plein droit ».

Ce dont nous traitons ici, en fait, c’est de notre capacité à vivre ensemble, à gagner en humanité par la pleine égalité et la liberté de chaque individu.

C’est dans cet objectif que je défendrai plusieurs amendements concernant l’identité de genre, la représentativité des associations de familles homosexuelles, le nom d’usage, la filiation et la procréation médicalement assistée.

Il ne s’agit pas ici, de légiférer sur la PMA. La loi, après de grands débats dans la société comme dans notre assemblée l’a autorisée depuis plusieurs années. Ce que propose cet amendement est d’étendre le droit à la procréation médicalement assistée à d’autres femmes dans les conditions prévues par la loi.

Certains s’interrogent, au motif que cela conduirait à transformer une solution thérapeutique à la stérilité en ouverture d’un droit. Mais, chers collègues, nous sommes passés de l’avortement thérapeutique au droit des femmes à l’avortement et nous avons été nombreux-ses à nous féliciter du remboursement à 1OO% de l’IVG lors du PLFSS!

Je n’ignore pas que le gouvernement dit vouloir renvoyer le débat sur la PMA à une future loi sur la famille. La dernière raison invoquée pour justifier ce report serait la nécessaire consultation du Comité consultatif national d’éthique. Pourquoi ne l’avoir pas fait au moment où le groupe majoritaire portait cette proposition ?

Cet ajournement n’éteindra pas les flammes du débat ; le débat existe, menons le sereinement, ouvrons le sans attendre à partir du travail déjà effectué par les associations.

Madame la Ministre, cher-es collègues, il y a des rendez-vous à ne pas manquer, votre projet de loi, s'il s'ouvre à de nouvelles avancées, peut permettre à des hommes, des femmes et des enfants de vivre un plein bonheur, permettons-le !

La grande anthropologue Françoise Héritier disait «il faut du temps pour passer du possible au pensable ». Pensons vite et bien !"

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